Amina
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Connaissances - Poèmes

Est-ce que demain finira bien ?
J’ai que 10 ans, je n’en sais rien.
Est-ce que les gens qui tirent sur les oiseaux
Ont-ils quelque chose dans leur cerveau ?

Il faut que tu respires  (Mickey 3D)

  

La triste histoire d'Amina

 

 Assise dans le jardin, Amina chagrinée
méditait sur la vie et sur son tout jeune âge.
Son innocence d’enfant  s’était vue brisée
par l’orgueil des "adultes" qui meurtrissent et saccagent.

 

Le week-end passé, au cours d’un grand dîner,
Elle avait rencontré des adultes bien pensants,
à prendre en exemple et à complimenter,
bien qu’ils ne partagent pas les valeurs des enfants.

Elle fut marquée par ce qui comptait tant pour eux :
La réussite sociale et les beaux billets verts.
« Des dollars à la pelle, la richesse comme seul vœu ! »
Valeurs portant notre monde mais affamant la terre.

Elle, elle voulait un monde, tout joli et tout vert,
compilation d’amour et d’espoir à revendre !
Et retrouver enfin l’amour de la Terre mère,
la remerciant chaque jour, plutôt que de la vendre.

 

Blottie dans son duvet, Amina appeurée,
méditait sur la vie et comptait les dommages.
Les rigolades d’enfants étaient dissimulées
par la nature de l’Homme et son terne visage.

 

Dans un coin de sa chambre, Amina sanglotait
Essayant, mais en vain, de ravaler ses larmes
Ces larmes dont personne ne se préoccupait
« Pour des pleurs de fillette, on ne fait pas de drame ! »

Souvent, se disait-elle, en totale innocence :
« Est-ce qu’on pourra un jour, enfin tourner la page ?
et construire notre histoire avec plus de décence ? »
Mais elle n’y croyait plus et en pleurait de rage.

Plus rien ne la tentait, même plus des mille jouets
qui devaient remplacer ce monde défiguré
par l’Homme devenu fou et sans aucun regret.
Monde irrécupérable, monde « irrécupéré » ?…

 

 Assise dans le jardin, Amina désolée,
méditait sur la vie avec son regard sage.
La douceur de l’enfant était si oppressée
par les douleurs du monde et les mauvais présages.

 

La petite fille songeait aux conseils rassurants
que lui avaient donné ses tendres grands-parents.
« De notre humanité, il faut t’accommoder,
et prendre du recul pour t’y habituer »

Même si l’espoir te quitte, Amina ne pleure pas.
Plus grande, tu trouveras peut-être un jour la foi
de tracer ton chemin, d’avancer à grand pas
en shootant les cailloux qui ne te plaisent pas.

Courage p’tite Amina, ta vie tu dédieras
à la préservation de ce que tu aimes tant,
à ton bonheur de femme ou aux pauvres enfants
et même si tu veux, à l’environnement ! »

 

Blottie dans son duvet, Amina éveillée,
méditait sur la vie, s’en faisait une image.
« Comment évoluer sur une terre polluée ?
Comment s’habituer aux immondes carnages ? »

 

A fragmenter la Terre et à s’en emparer,
l’Homme avait révélé son plus tragique dessein :
Celui d’exterminer - ou bien de dominer -
toutes les autres espèces qui lui barrent le chemin. 

Les enfants fatigués de subir ces nuisances,
se sentent empoisonnés par tant de cruauté.
Ils aimeraient connaître l’enfantine insouciance
mais celle-ci s’est tirée, les a abandonnés. 

En grandissant trop vite dans sa tête d’enfant,
elle n’avait pas pu croire à un monde meilleur,
Un destin trop brutal et tellement oppressant
effrayait Amina qui s’envola, ailleurs.

 

Assise sur son nuage, Amina regardait
les hommes se déchaîner pour des futilités.
Lissant ses ailes blanches, souvent elle se disait
qu’elle aurait bien voulu, pouvoir tout réparer…

 

Camille ROL
Mai 2004